Comprendre la technique
Comment choisir la puissance de sa pompe à chaleur ?
Pas au mètre carré. La puissance se déduit des déperditions calculées du logement — et le bon réflexe est presque toujours de descendre, pas de monter.
« Comptez 100 watts par mètre carré. » Cette règle circule partout et se trompe systématiquement d'un facteur deux, dans un sens ou dans l'autre.
Ce qu'il faut calculer : les déperditions
La puissance d'une pompe à chaleur doit couvrir les déperditions du logement à la température de base de votre région — la température extérieure la plus basse statistiquement rencontrée. En climat océanique, elle tourne autour de −5 °C.
Les déperditions se calculent poste par poste : murs, toiture, plancher bas, menuiseries, ponts thermiques, renouvellement d'air. Chaque paroi a une surface et un coefficient de transmission. On additionne, on multiplie par l'écart de température, et on obtient des kilowatts.
Une maison de 130 m² des années 1980 non rénovée demandera 12 à 14 kW. La même surface en construction récente : 5 à 6 kW. C'est pour cela qu'un ratio au mètre carré ne veut rien dire.
Pourquoi il ne faut pas prendre de marge
C'est le point que les clients ont le plus de mal à accepter, et c'est le plus important.
Une pompe à chaleur surdimensionnée passe son temps à démarrer et à s'arrêter. Chaque démarrage est le moment où le compresseur s'use le plus et où le rendement est le plus mauvais. Une machine qui fait huit cycles par heure vieillit deux fois plus vite qu'une machine qui en fait deux.
À l'inverse, une machine légèrement sous-dimensionnée tourne en continu à charge partielle — exactement là où son rendement est le meilleur — et son appoint électrique ne se déclenche que quelques dizaines d'heures par an, lors des pics de froid. Le surcoût de ces heures est très inférieur au gain du reste de la saison.
La température de départ, l'autre moitié du problème
Sur une air/eau, la puissance n'est pas le seul paramètre. La température de l'eau envoyée dans les émetteurs détermine le rendement.
- Plancher chauffant, eau à 30-35 °C : configuration idéale, SCOP souvent supérieur à 4.
- Radiateurs surdimensionnés, eau à 45 °C : très bon compromis, atteignable en remplaçant quelques radiateurs.
- Radiateurs anciens exigeant 65-70 °C : rendement divisé par deux. Il faut reprendre les émetteurs avant d'installer la machine.
Vérifier ce point avant de signer évite la déception du premier hiver.
Le test simple avant l'étude
Si vous avez une chaudière, baissez sa température de départ à 50 °C par temps froid et vivez ainsi quelques jours. Si le logement reste confortable, vos émetteurs sont compatibles avec une pompe à chaleur. S'il fait froid, il faudra les reprendre — et c'est une information qui vaut plusieurs milliers d'euros.
Ce que doit contenir une étude sérieuse
- Les déperditions calculées, pièce par pièce, avec les hypothèses retenues.
- La température de base utilisée pour le calcul.
- La température de départ nécessaire aux émetteurs existants.
- La puissance retenue, et la justification de l'écart avec les déperditions.
- Une estimation de consommation annuelle, en kilowattheures et en euros.
Si un devis ne contient rien de tout cela, il n'y a pas eu de calcul.
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