Étude de cas
Le devis divisé par deux : quand la clim n'est pas la réponse
Faut-il climatiser des combles surchauffés, ou traiter d'abord la cause de la surchauffe ?
- −50 %
- sur le devis de climatisation
- −7 °C
- à l'étage en été
- 372 €
- de chauffage économisés
- 28 mois
- pour rembourser l'écart
3 450 € au lieu de 6 800 €
de 31-33 °C à 24-26 °C
par an, gain absent du projet initial
850 € de surcoût initial
La cliente demandait un tri-split de 7 kW à 6 800 €. Nous avons livré un bi-split de 3 kW à 3 450 € — après lui avoir demandé de dépenser 4 200 € ailleurs.
01 Contexte
Maison de lotissement de 118 m² construite en 1987, dans le nord-ouest de l'agglomération. Rez-de-chaussée en séjour-cuisine, combles aménagés en deux chambres et une salle d'eau.
Isolation d'origine en sous-face de toiture : 60 mm de laine minérale, jamais reprise. Le rez-de-chaussée reste confortable toute l'année ; l'étage est décrit par la propriétaire comme « inhabitable de juin à septembre ».
02 Le besoin du client
La demande était précise et déjà chiffrée par ailleurs : un tri-split de 7 kW pour traiter les deux chambres et le palier, sur la base d'un devis reçu à 6 800 €.
La propriétaire ne demandait pas notre avis sur la solution. Elle demandait un prix.
03 La problématique
Les mesures posées pendant trois jours ont donné 33 °C sous les rampants en après-midi, avec une température extérieure de 28 °C. Un écart de cinq degrés au-dessus de l'extérieur, à l'intérieur d'un bâtiment, ne s'explique pas par les apports internes : il signe un défaut d'enveloppe.
Deux options se présentaient. Installer la puissance frigorifique nécessaire pour compenser cet apport en permanence — ce qui revient à climatiser un radiateur. Ou traiter l'apport lui-même.
La première option était celle du devis reçu. Elle fonctionnait, à condition de faire tourner la machine en continu du matin au soir, avec la consommation correspondante, et sans jamais atteindre un confort réel : une toiture à 60 °C rayonne sur les occupants indépendamment de la température de l'air.
04 L'analyse
Le calcul des apports par la toiture, sur la base d'un coefficient de transmission mesuré à 0,58 W/m²·K pour l'isolant existant tassé, donnait 3,1 kW de charge sur les seuls 84 m² de rampants — soit près de 70 % du besoin total de l'étage.
En simulant le même calcul avec 240 mm de laine soufflée en sous-face, avec lame d'air ventilée, le coefficient tombait à 0,15 W/m²·K et l'apport à 0,8 kW.
Le besoin total de l'étage passait ainsi de 4,5 kW à 2,6 kW. La différence entre un tri-split et un bi-split, et entre deux gammes de prix.
Nous avons également vérifié le gain d'hiver : les déperditions par la toiture représentaient 2,4 kW sur les 8,9 kW du logement. Le renforcement devait donc aussi réduire la facture de chauffage, ce qu'aucune climatisation n'aurait fait.
05 La solution retenue
Nous avons remis un document en deux scénarios chiffrés, sans recommander explicitement — les chiffres suffisaient.
Scénario A, la demande initiale : tri-split de 7 kW, 6 800 €, consommation estivale estimée à 640 kWh, aucun gain d'hiver, confort d'été partiel à cause du rayonnement de toiture.
Scénario B : renforcement de l'isolation en sous-face de toiture à 240 mm par une entreprise partenaire, 4 200 €, puis bi-split de 2 × 1,5 kW, 3 450 €. Total 7 650 €, consommation estivale estimée à 210 kWh, et une baisse de facture de chauffage estimée à 340 € par an.
Le scénario B coûtait 850 € de plus à l'achat et se remboursait en moins de trois ans, avec un confort supérieur été comme hiver. La propriétaire l'a retenu.
06 L'installation
L'isolation a été réalisée en trois jours par notre partenaire, en octobre : dépose des plaques de plâtre en sous-face, pose d'un pare-vapeur continu, laine minérale de 240 mm en deux couches croisées, lame d'air ventilée conservée, réfection du plâtre.
Nous sommes intervenus deux semaines plus tard, une fois les finitions sèches, pour un nouveau relevé : le besoin recalculé confirmait les 2,6 kW.
La pose du bi-split a demandé une journée. Deux unités murales en pignon de chambre, groupe extérieur sur console en façade arrière, à distance des ouvertures voisines. Évacuation des condensats par gravité vers la descente d'eaux pluviales, sans pompe de relevage — la pente était suffisante, ce que le relevé avait vérifié.
07 Le résultat
Été suivant, relevés sur la période du 15 juin au 10 septembre :
Température à l'étage : 24 à 26 °C, contre 31 à 33 °C l'année précédente. Les deux chambres sont utilisées toute l'année.
Consommation de la climatisation sur la saison : 194 kWh, soit environ 41 €. L'estimation était de 210 kWh.
Hiver suivant : facture de chauffage électrique en baisse de 372 € sur la saison, à rigueur climatique comparable — au-dessus des 340 € estimés.
Coût total du projet : 7 650 €, contre 6 800 € pour le devis initial. L'écart de 850 € a été remboursé en vingt-huit mois par la seule économie de chauffage.
08 Les bénéfices
Confort réel, été comme hiver, là où une climatisation seule n'aurait traité que la température de l'air sans supprimer le rayonnement de la toiture.
Puissance frigorifique divisée par deux : 3 kW installés au lieu de 7, donc une machine moins chère, plus discrète et moins consommatrice.
Gain de chauffage de 372 € par an, qui n'existait dans aucun des scénarios purement climatiques.
Valeur du bien améliorée : le renforcement d'isolation est comptabilisé dans le diagnostic de performance énergétique, contrairement à une climatisation.
Un devis de climatisation réduit de moitié — et une cliente qui nous a envoyé quatre voisins depuis.
Avant / après
Le chantier en images
Le mot du client
Je les avais appelés pour une climatisation. Ils m'ont d'abord dit d'isoler les combles, ce qui leur faisait perdre la moitié du devis. C'est la première fois qu'un artisan me fait dépenser moins que ce que je venais lui demander.
Nathalie B.
Orvault
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